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Chronique du Sud-Est n°2


Née à Marseille, Sylvie Goulard est tête de liste UDI – MODEM LES EUROPEENS dans l’Eurocirconscription du Sud Est.
Membre de la commission des affaires économiques et monétaires et présidente de l’intergroupe Extrême pauvreté et droits de l’homme, Comité Quart Monde.
Pour en savoir plus sur Sylvie Goulard : www.sylvie-goulard.eu.

Chronique du Sud Est n°2 : Vive le peuple européen !

Si cela continue ainsi, nous aurons renouvelé l’exploit, en 2014, d’organiser encore des élections européennes sans parler d’Europe. À force d’inviter sur les plateaux de télévision ceux qui ne la voient que de loin ou la détestent, ce n’est guère surprenant.

En réfléchissant à ce qui pourrait donner du Parlement européen une image plus juste, j’ai réalisé que personne ne raconte vraiment ce qui s’y passe. Nous avons la chance inouïe de vivre dans la seule démocratie supranationale du monde mais ses citoyens ne la connaissent pas !

La presse campe quelques portraits. Elle suit les dossiers techniques mais rarement, on donne à toucher le travail législatif et de contrôle qui y est fait, l’importance de l’esprit d’équipe, les difficultés des rapporteurs face à des ministres nationaux souvent inconstants, les bagarres politiques (vives) et les compromis (solides) car « la politique » n’exclut pas in fine le sens des responsabilités. Du moins, pas à Bruxelles. Il faut être bien prisonnier des schémas nationaux français, bien naïf sur les mérites de la confrontation droite / gauche pour se moquer des accords larges qui se nouent dans cette assemblée ! La défense du bien commun passe par le compromis des modérés, n’en déplaise aux extrêmes.

Parce qu’elle est originale, plurielle et collective, l’Europe perturbe. Les individus n’y comptent que par leur talent à rassembler et leur labeur. Dans cette enceinte, le bluff, le baratin, les petites phrases (surtout dans une seule langue) ne « marchent » pas. En revanche, le travail d’équipe, patient, approfondi, la persuasion, permettent de peser.

Rassurez-vous, je ne vais pas faire le panégyrique de Guy Verhofstadt, le candidat libéral démocrate à la Présidence de la Commission, même s’il fait partie de grands de l’Europe. Excuse-moi, Guy. Tu me pardonneras quand on se retrouvera autour d’un verre de bon vin. Car les Européens, figurez-vous, aiment la vie, la vie que l’Europe a préservée, comme le centenaire de la guerre de 14 nous le rappelle. Je ne vais pas parler de Dany Cohn-Bendit et Isabelle Durant, mes deux autres complices verts du groupe Spinelli que nous avions créé à quatre durant cette mandature, pour promouvoir l’idéal européen. Le premier est trop connu, la deuxième pas assez. Dommage, Isabelle. Avec toi, c’est toujours profond, et c’est toujours « gai », comme on dit à Bruxelles.

Je ne vais pas vous les donner « en touffe » comme dirait Cyrano de Bergerac, ou par Nation comme certains s’obstinent encore à classer les êtres humains. Et voilà le scoop énorme de cette chronique : au Parlement, parler « des Allemands » ou « des Italiens » ou même des « Français », n’a guère de pertinence. Le « peuple européen » dont les chauvins bornés prétendent encore qu’il n’existe pas et n’existera jamais, est bel et bien vivant. À travers ses représentants, il est là, il est en marche. Disons-le.

Certains Allemands de gauche ou verts sont plus proches des Français de gauche ou verts qui ne se sentent pas forcément proches d’Allemands de droite qui se sentent plus proches de Français de droite. L’Allemagne n’est pas un bloc de 80 millions d’individus armés d’un petit fouet, épris d’austérité, comme certains voudraient nous le faire croire. Ni le Sud, un espace où chacun ne rêve que de dévaluation et de sortie de l’euro.

Je ne vais pas séparer le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest. Olle Schmidt le Suédois qui a tant défendu la cause des femmes peut être cité avec Jose Manuel Garcia Margallo, l’Espagnol avec qui, en 2010, nous avions esquissé l’union bancaire. Et Danuta Hübner qui se bat pour que la Pologne soit traitée comme si elle était dans la zone euro et réussira à l’y faire entrer un jour, j’en suis sûre.

Je ne vais pas choisir entre les femmes, Elisa Ferreira et Corinne Wortmann-Kool, deux collègues avec qui nous avons porté l’Union bancaire ou et les hommes, comme Othmar Karas ou encore Jean-Paul Gauzès, valeureux député UMP qui gagnerait à être plus connu en France. Ni d’ailleurs entre les parlementaires et les représentants des autres institutions car nous travaillons activement à contrôler la Banque Centrale Européenne (BCE) ou la Commission européenne. Si l’on entendait plus souvent en prime time l’excellent économiste en chef de la BCE, Peter Praet, ou des commissaires comme Michel Barnier, en charge du marché intérieur, Dacian Ciolos, qui a porté la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) ou Algirdas Semeta qui s’est battu contre le dumping fiscal, peut-être les Français finiraient-ils par trouver l’Europe moins éloignée d’eux.

Mais si je dis qu’à la Commission européenne et à la BCE, il n’y a pas que des monstres aux pieds fourchus, je dépasse sûrement les bornes de la bienséance.

Sylvie GOULARD

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